Rencontre avec Mélanie, fondatrice de Fleurs et Feuilles Gourmandes

Pour cette nouvelle entrevue, nous avons rencontré Mélanie, fondatrice de Fleurs et Feuilles Gourmandes, pour comprendre son travail et son expérience sur la plateforme Arrivage.

Peux-tu te présenter rapidement?

Mélanie Massicotte, je suis agricultrice mais je me définis plutôt comme fleuricultrice, donc productrice de fleurs comestibles et de fleurs gourmandes depuis 2018.

Quel est le chemin qui t’a mené vers ton métier actuel?

C’est un peu compliqué, comme beaucoup de petits producteurs/agriculteurs, je viens d’une autre vie et deux choses qui m’ont menées vers ce métier:

La première, la venue de mon premier et deuxième bébé et ensuite la mort de mon père. Il y a beaucoup de monde qui veut changer de vie, je faisais partie de ces gens là.

Ça faisait 15 ans que j’étais dans le milieu automobile, j’adorais mon métier mais ce n’était pas évident car on faisait de gros horaires. Je voulais être mère mais je ne voulais pas seulement faire garder mes enfants. Ma première remise en question a vraiment été à la naissance du premier.

Quand mon père est décédé j’ai eu accès à un héritage et c’est ça qui a vraiment rendu possible le fait de retourner à l’école et de changer de vie. Ce nouveau travail était plus adapté à la vie familiale et à la vie que je souhaitais.

Par curiosité, peux-tu me dire ce que tu faisais dans le milieu automobile et pourquoi tu as choisi les fleurs?

J’étais mécanicienne d’engin de chantier. Mon père était avocat, j’ai fait ce métier à la fois par esprit de contradiction mais aussi pour faire ce que j’aimais. Mais à côté de mon travail j’ai quand même pris des cours de droit, j’ai un parcours plutôt atypique. Mais ça a fini par me servir dans mon travail d’aujourd’hui.

J’ai choisi les fleurs pour le côté esthétique. Mon père n’était pas manuel mais il aimait les belles choses et ma mère est une artiste peintre, donc le beau a toujours été important. 

Quand je suis retournée à l’école, j’ai fait un DEC en gestion d’entreprise agricole et au départ je souhaitais faire de l’alcool donc je regardais pour une cidro-brasserie. Mais il y a eu un moment au Québec où il y a eu une explosion de micro-brasseries donc cela demandait de très gros investissements financiers que je ne voulais pas faire. 

Ensuite, c’est grâce à un projet et par l’intermédiaire d’un collègue que nous nous sommes lancés dans les fleurs. Initialement, il voulait faire des fleurs régulières mais j’ai voulu augmenter un peu le degré de difficulté et faire des fleurs comestibles. C’est là que je suis tombée en amour. 

Ce qui est intéressant, c’est que la clientèle des grands chefs est à peu près la même que celle que je rencontrais chez BMW, ils ont des demandes très spécifiques. J’avais beaucoup aimé ce type de clientèle donc je voulais la retrouver.

La Covid nous a demandé une adaptation du planning.

Quels sont tes objectifs ou ambitions ?

Ce qu’il faut retenir c’est qu’au départ, avant la pandémie, ma clientèle était quasi exclusivement composée de chefs. A cause de la Covid j’ai perdu 100% de mes clients, soit parce que les restaurants ont fermés, soit parce que ceux qui restaient ouverts et faisaient du take out ne mettaient pas les fleurs et la décoration parmi leurs priorités.

Juste avant la Covid on s’agrandissait beaucoup. Nous avions comme projet pour 2023/2024 de faire venir du monde à la ferme pour faire des visites gourmandes.

La Covid nous a demandé une adaptation du planning.

Aujourd’hui, les objectifs sont principalement de continuer à bien servir la clientèle des chefs haut de gamme et aussi de se démarquer au niveau de l’agro-tourisme pour les particuliers, avec les visites gourmandes, les découvertes de la ferme et aussi avec des événements dans les jardins. Les événements, c’est quelque chose qui pourrait rallier les chefs et les particuliers. 

La pandémie nous a vraiment demandé d’être capable de nous adapter. 

Au départ je ne pensais pas faire affaire avec les épiceries parce que c’est un peu moins la cible. Mais via mon compte Arrivage, je vends aussi pour d’autres producteurs qui ne font pas de fleurs et donc je me suis retrouvée à livrer dans des CPE par exemple. Ces acheteurs, quand ils achètent via Arrivage, voient toute l’offre, y compris mes fleurs et donc on grossit ensemble. Et ça c’est grâce à Arrivage.

C’est vraiment plaisant parce que pendant la pandémie les épiceries ont très bien fonctionné donc on a pu rester présents. Je pense que ça, rester présent, c’est vraiment notre cheval de bataille. On ne peut pas se permettre de ne pas communiquer avec nos clients pendant un mois, même si je ne vendais pas de fleurs il fallait que les clients sachent que j’étais là, que j’en avais si besoin.

Comment décrirais-tu Arrivage en 3 mots?

Facilité, expansion, autonomie.


Quelle partie de ton travail la plateforme Arrivage a-t-elle améliorée?

Vraiment l’expansion! 

Avant il fallait trouver les coordonnées des chefs, les contacter puis prendre le temps de les rencontrer. Il faut toujours le faire mais en étant sur Arrivage on sait que certains chefs peuvent aussi nous trouver, des chefs auxquels on avait pas pensé.

Il y a toujours de nouveaux restaurants et ce n’est pas évidents qu’ils sont en recherche de fleurs. Je suis quand même sur un segment bien précis donc ça nous aide beaucoup d’être visible de cette manière. Les acheteurs savent qu’on existe.


Quel est l’avantage pour toi de travailler sans intermédiaire?

C’est vraiment au niveau du prix. Dès qu’on travaille avec un intermédiaire, les prix prennent 20 voire 30%. Avant l’inflation les prix étaient déjà élevés mais là avec l’inflation… Donc si ces 20 ou 30% on peut les mettre dans les salaires de nos employés ou un jour dans nos poches ça serait cool.

Des fois c’est pas possible et certains veulent travailler en gros justement pour ne pas dealer avec les clients. Mais moi je viens du milieu de la clientèle, c’est mon point fort et j’aime ça. Ça donne un avantage, on peut aller dans le particulier, le privé.

La plateforme Arrivage te permet-elle de créer des relations aussi directes et facile que hors plateforme?

Oui, vraiment! Je ne sais pas combien de nouveaux clients on a grâce à la plateforme mais c’est vraiment important. 

C’est différent maintenant avec la Covid mais avant Arrivage faisait des événements où on pouvait rencontrer du monde à l’extérieur. Des fois ce ne sont pas des clients directs mais ça devient des connaissances et ils nous font connaître dans le milieu. Cela nous servait autant pour la vente mais aussi pour se faire reconnaître. Il faut savoir que quand on ne vient pas du milieu agricole c’est difficile de se faire reconnaître par ses pairs mais aussi par les clients.

Être sur Arrivage change-il la manière dont tu gères la vente de tes produits?

Oui! Avec les légumes c’est facile de savoir combien de caisses on va avoir mais avec les fleurs tant que c’est pas récolté c’est beaucoup plus dur. Donc je dois faire au mieux pour avoir des estimations au plus proche de la réalité. On peut toujours modifier ou annuler la commande mais j’essaye de plus me discipliner pour que ma réalité et la réalité informatique soit la même.

Quel est ton produit phare sur Arrivage? Et celui que tu aimerais mieux vendre?

C’est difficile à dire parce que je vends beaucoup de produits qui ne sont pas à moi, je vends pour d’autres producteurs. Je dirai que tous les produits fonctionnent bien, les pommes de terre par exemple ça fonctionne toujours. 

Après pour les fleurs j’ai vraiment des clients spécifiques. Il faut que je retravaille pour que mes fleurs sortent bien et mieux sur la plateforme, parce que des fois mes fleurs se perdent un peu dans la masse de produits.

J’aime ça vendre pour les autres mais, et c’est peut-être un peu égoïste, je suis avant tout productrice de fleurs. 

Quelle est ta meilleure relation acheteur Arrivage?

J’en ai plusieurs! Le Candide c’était une super relation, Le Roseline c’est tout nouveau mais ça se passe super bien et puis j’ai livré le Ritz cet été! C’était vraiment comme un objectif pour moi. On habitait à côté quand j’étais petite et mon père nous y emmenait souvent. J’étais en France quand j’ai reçu l’appel, j’ai vraiment eu des palpitations. J’aimerais beaucoup recommencer cette année.


Le mot de la fin

Je remercie Arrivage!

Je voulais dire aussi qu’on parle beaucoup de la Covid mais ça aura au moins eu l’avantage de resserrer les liens entre producteurs. Ça a amené de l’entraide et Arrivage a amené ça aussi. Ça peut vraiment être beau mais il faut qu’on soit prêt à s’adapter.

C’est le fun d’avoir des gens comme vous parce que moi l’informatique c’est pas mon truc, je sais faire mais c’est pas quelque chose que j’aime faire.

Je suis contente d’avoir accès à des gens comme vous. Des fois ce n’est pas facile, on voudrait aller se mettre dans un coin et retourner à notre métier bien payé. Ça dure deux minutes et peut-être une fois par an mais des fois ce n’est pas facile. C’est bien de persévérer parce qu’on est bon dans ce qu’on fait!

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